07-05-04
entrez dans l'univers de géraldine

et découvrez un conte: Stereden la belle....qui va s'inscrire au fil des jours....il sera une fois , une étoile
stereden la belle 1
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STEREDENN
LA BELLE
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Nous sommes loin, bien loin de la planète Terre …
C'est l'heure du rassemblement dans l'alvéole L3 , cette pièce hexagonale où, de façon régulière, la mère-protectrice raconte la Grande Histoire au petit groupe de jeunes filles dont elle a la charge.
Pour la jeune Yed et pour chacune de ses congénères, c'est l'alvéole la plus importante de leur univers. Ce lieu sacralisé abrite une châsse de verre dans laquelle se trouve LE LIVRE qui est depuis toujours, et dans le plus grand secret, la source de leur instruction.
Yed possède déjà de nombreuses connaissances et elle est convaincue de cette vérité : seul cet écrit apportera la réponse à sa dernière question, et c'est en suivant parfaitement ses instructions qu'un beau jour elle…mais, chut !
Silence, maintenant !
La lecture de la mère-protectrice va commencer, et les cinq jeunes filles de cette alvéole sont déjà assises, formant un cercle autour de leur bienfaitrice qui, comme elle le fait toujours, s'est installée au centre sur une haute chaise.
Tout est parfaitement organisé dans la «Petite-Ruche» 6172 : l'édifice est bâti sur un socle de sept alvéoles attenantes, toutes hexagonales et de mêmes dimensions. Chacun des six étages qui le surmontent reproduit rigoureusement le schéma du rez-de-chaussée. Des multitudes de «Petites-Ruches» analogues sont dispersées dans l'univers, toutes échappées de la constellation du Serpentaire. Si elles s'étaient agglutinées, depuis l'origine de leur existence, elles formeraient aujourd'hui une ruche dont l'ampleur dépasse tout entendement. Les hommes en ont déjà aperçu quelques blocs, dont l'un a été baptisé le M44, mais sont loin de soupçonner l'immensité de la construction.
Cinq jeunes filles clones vivent dans chacune des alvéoles de maternage d'une «Petite-Ruche», sous le contrôle d'une mère-protectrice qui a été choisie pour ses grandes et multiples compétences, sa patience, son intelligence, ses perceptions justes de toutes choses, et aussi pour son autorité. On compte six alvéoles de maternage à chaque étage et une alvéole est commune à toutes les demoiselles du palier: c'est celle du Livre. Tout est tellement bien ordonné ici qu'on ne s'étonnera pas de savoir que le silence est immédiatement respecté, dès que la mère ouvre le Livre à la page du jour !
Mais avant de poursuivre sa lecture, elle rappelle les faits :
- Vous vous souvenez bien sûr, mesdemoiselles, de la genèse de notre existence, de l'événement qui a motivé notre apparition, de la logique de notre merveilleuse organisation et de la mission qui est la nôtre…mais vous n'avez pas oublié, je l'espère, le valeureux personnage rencontré lors de notre dernière séance de lecture. Je veux parler du jeune Hélouri Malempierre…
( et l'on entend, d'une seule voix, cinq réponses simultanées)
- Oui, Mère.
- Ce jeune homme vivait sur la Terre lorsque le chaos commençait sournoisement à s'y installer. Rappelons-nous ce que les hommes, jusqu'alors, avaient désigné sous le terme de chaos, sans vraiment supposer tout ce que cela pourrait progressivement représenter de tristesse et de désolation. La plupart d'entre eux s'imaginaient que ce serait un instant exceptionnellement brutal où tout disparaîtrait : eux, et tous les éléments de leur planète. Autant dire que c'était bien là quelque chose de tout à fait invraisemblable pour leurs consciences. Ce mot chaos n'évoquait donc qu'une sorte de chimère, tout juste inventée pour effrayer les couards et nourrir toutes les rumeurs.
Les dernières phrases que je vous ai lues étaient celles-ci :
(à suivre)
09-05-04
stereden 2
l'écriture de ce conte a commencé le 07 mai 2004
«Déjà le jeune Hélouri était éperdument épris de la Belle, qu'il n'avait pourtant aperçue que deux fois au détour de ses chevauchées au Val Saint-Just, près du château de son père. Mais il était certain de l'avoir reconnue. Hélouri fut aussitôt résolu à faire tout ce qui serait en son pouvoir pour découvrir l'identité de cette magnifique jeune fille, que personne n'avait jamais vue auparavant, dans cette contrée bretonne. »
Et, après ce rappel, la mère poursuit la lecture :
«Dès son plus jeune âge, Hélouri avait exploré les landes, au fin fond de cette région reculée de la Bretagne, et découvert un à un tous les sites mégalithiques, plusieurs d'entre eux bien enfouis sous une végétation luxuriante, à proximité de sa demeure . Et chaque fois, sur le chemin du retour, son cheval s'arrêtait au même endroit, devant un très gros bloc de pierre qu'on appelait le rocher de Tréhal .
Quand au soir de ses dix-sept ans, rentrant d'une de ses courses folles à travers bois et prés, Hélouri stoppa net devant ce rocher, il vit soudain apparaître une femme aux cheveux d'or et tout de bleu vêtue, qui lui fit cette révélation :
«Ecoute moi bien, jeune homme…juste avant la grande mutation du monde, une demoiselle t'apparaîtra, portant le beau prénom de Steredenn. Tu la reconnaîtras avant même de la connaître, mais aussitôt elle t'échappera. Et, pendant un temps incalculable, tu la chercheras.
Mais ne sois pas triste, alors, car tous ces jours passés à sa recherche seront la durée nécessaire pour que le Grand Maître des choses réorganise la Terre, afin de remettre tout à sa place : les hommes, les femmes, les arbres, les oiseaux, les loups, les baleines, les jours de pluie et les jours de soleil, les terres fertiles et les friches, les ruisseaux et les océans, et que sais-je encore …
Dès que tu apercevras cette adorable créature, ton cœur sera pris en otage, et tu ne vivras plus que pour la retrouver. Tu n'auras plus d'âge, tu vivras aussi longtemps que ta quête l'exigera, et jamais tu ne perdras totalement espoir...garde toi toujours de la colère et de l'impatience. D'autres êtres vivants viendront sur terre dont vous, les humains, ne soupçonnerez pas la présence. Ils auront pour mission de guider vos pas pour retrouver le sens des choses, replanter au bon endroit, partager les savoirs, commercer avec générosité, redistribuer les richesses de la planète, effacer des frontières et gommer des différences qui, peu à peu, vous compliquent l'existence alors que ce ne sont là que petits détails sans importance. Ces créatures viendront jusqu'à toi, c'est certain, ne néglige donc aucun conseil.
Steredenn n'est pas une jeune fille ordinaire, c'est, telle une étoile venue d'une autre galaxie, une princesse des mondes, une fée, une magicienne !…
Comment te parler de tout cela, à toi, un humain qui ne peut pas comprendre actuellement. Steredenn attend déjà votre rencontre, en un lieu secret qui dépasse ton imagination. Un lieu, un monde, où le temps ne se compte pas comme tu le fais sur la terre, et où une seule vie peut durer des milliers d'années de ton calendrier. Steredenn restera toujours belle, sois tranquille, et tes yeux n'auront pas à pleurer de la voir se faner. Jamais aucune ride n'altérera son doux visage. Elle est crée pour toi et pour t'attendre, et vos retrouvailles sonneront le début d'une autre ère sur la Terre. Va, et oublie-moi…je ne suis que du vent ! »
Hélouri n'avait jamais pu raconter cette vision à quiconque, car ce que lui avait révélé la femme vêtue de bleu était aussi vrai et simple que cela : elle n' était qu'un souffle de vent !
De ce fait, la trace de cette rencontre ne s'était même pas inscrite dans la mémoire du jeune homme, pas dans sa mémoire ordinaire, en tout cas. A peine cette femme avait-elle disparu, que lui-même l'avait oubliée.
Mais, au bord de l'étang du Val, dès qu'il vit la jeune demoiselle inconnue l'autre jour, tout lui revint à l'esprit, de façon claire et limpide comme l'eau de la source voisine.
Dès cet instant, sa conscience fut accaparée par une seule pensée obsédante, la retrouver, la revoir, et dès lors son cœur ne battit plus que pour elle. La femme vêtue de bleu avait dit juste : il était enchanté, envoûté, captivé par ce sourire et ce regard qu'il avait remarqués en croisant la belle inconnue.
Il s'agissait de Steredenn, à coup sûr !
Cela ne faisait aucun doute pour lui, Steredenn la Belle, c'est ainsi que son cœur décida de la baptiser !
(à suivre)
10-05-04
Stereden 3
l'écriture de ce conte a commencé le 07 mai 2004
Loudiern Malempierre, le père du jeune Hélouri, était devenu maire de la commune lorsque Gurwal, son père, céda sa place en raison de son grand âge. Lui même avait succédé à Konwion, son propre père, qui lui même…
En effet les Malempierre avaient été premier magistrat de la commune, de père en fils, depuis qu'une mairie existait. Leurs administrés avaient de tout temps apprécié la bonté et la simplicité de ceux que, tour à tour depuis des générations, ils désignaient par la formule déférente de Monsieur le Châtelain, et que chacun considérait pourtant comme un ami proche.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />
Cette vieille famille, dont on dit que le nom venait de Melan Pêr mais se déforma au fil du temps, résidait toujours dans le château ancestral du Val. Certes, elle ne pouvait pas démentir l'existence de ses très lointains aïeuls qui vécurent à l'époque des seigneurs et des serfs. Ceux-là disposaient alors de la quasi totalité des terres des environs. Mais elle ne pouvait qu'être fière de l'admiration que des lignées d'habitants lui avaient vouée jusqu'à ce jour, toutes reconnaissantes de son altruisme et de sa probité sans faille depuis des siècles.
Aussi, Hélouri se disait que certainement cela lui rendrait la tâche plus facile, chacune des villageoises, chacun de villageois n'ayant que le désir de lui être agréable...
La première personne qui le mit sur une piste fut Uriell, la fille du maréchal-ferrant, en qui il avait toute confiance. Il la savait sérieuse et assez éclairée pour ne pas le tromper. Uriell lui conseilla de rendre visite au vieux maître d'école, Emeri Taleg, qui vivait aux abords de la forêt voisine, car, lui dit-elle, la belle inconnue avait conversé avec lui un long moment. Peut-être ce vieux sage saurait-il guider ses pas ?
Et c'est ainsi que le jeune Hélouri apprit que la belle inconnue se prénommait bien Steredenn et qu'elle n'était venue ici que pour contenter une curiosité personnelle, selon ses propres aveux. Ayant déclaré aussitôt au vieil homme qu'elle était désormais satisfaite, elle avait ajouté qu'elle s'en retournait, ravie, vers les rivages qui l'avaient vu naître. Le seul indice qu'elle avait laissé échapper, au fil de la conversation, était qu'autour d'elle flottait un mystère : sa famille et ses relations disaient toujours que lorsqu'elle était née, à l'instant même de sa venue au monde, la plage du Sillon avait été l'objet d'un étrange phénomène : des centaines d'étoiles avaient parsemé l'immense étendue de sable, à marée basse, des étoiles de mer comme jamais on en avait vu ! C'était le trois mars….
Hélouri n'avait pas attendu que le vieillard lui indiquât l'année, puisqu'il savait déjà que le temps n'existait plus pour lui, et que seule l'indication de lieu pouvait lui être utile.
La lignée des Malempierre, nous l'avons dit, remontait très loin dans l'histoire. Tous les membres masculins de cette grande famille appartenaient à la confrérie du Pentagramme. Une étoile à cinq longues fines branches ornait le revers du costume de chacun d'eux, en signe distinctif, depuis la nuit des temps ! Cette étrange coïncidence n'échappa pas à Hélouri , qui se précipita chez le Maitre de la confrérie de la région, Loudiern, son propre père. Le jeune homme se mit en devoir de raconter au Maître, par le menu, cette extraordinaire histoire.
Celui-ci, bien que l'aventure lui fût relatée de façon quelque peu fébrile et décousue par un fils excité et fougueux, ne perdit cependant pas un mot du récit et s'enquit aussitôt de l'endroit indiqué…cette plage du Sillon !
(à suivre)
12-05-04
Stereden 4
l'écriture de ce conte a commencé le 07 mai 2004 Il n'eut aucun mal, grâce à la solidarité des membres de la confrérie, à apprendre qu'au bord de la Manche, une mer qui séparait la Bretagne de sa sœur la Grande-Bretagne, se trouvait une ville nommée Saint-Malo, une place forte qui n'avait jamais dissimulé sa fierté en raison des marées exceptionnelles qui parfois venaient défier ses remparts et dont la force des vagues était fabuleuse ! Tout aussi fabuleux et légendaires étaient l'aptitude à la conquête et le courage de ses solides marins, intrépides voyageurs des mers et grands découvreurs . La plage du Sillon était l'une des plages de Saint-Malo, sa plus belle sans doute, et sa plus célèbre, lui avait-on dit… Hélouri, après avoir serré dans ses bras tous les membres de sa famille et reçu des mains de son père l'insigne de la confrérie, se mit en route aussitôt pour cette cité maritime. Son père lui avait indiqué les adresses de quelques personnes qu'il lui serait bon de rencontrer en chemin, afin de trouver gîte et couvert en toute confiance, en toute sécurité. Et le temps passa… ¶¶¶ Cela faisait des mois que le jeune Malempierre était arrivé à Saint-Malo, et n'ayant pas encore retrouvé la moindre trace de Steredenn la Belle, le chagrin commençait à lui ronger le cœur. Il se résolut donc enfin à se rendre chez celui que son père avait présenté comme un lointain cousin : Onnev, surnommé le Penneg. Cette branche de la famille était en disgrâce depuis plusieurs générations, lui avait-il dit, à cause de l'enrichissement malhonnête d'un des leurs : une sombre affaire liée au commerce des négriers, il y avait bien, bien longtemps… Mais, c'était la dernière adresse sur le carnet que lui avait confié son père, et sa dernière chance ! Hélouri prit donc le chemin qui menait à sa malouinière, en se demandant bien quelle sorte de personnage l'accueillerait. Bien vite ses interrogations trouvèrent une réponse : cet homme était aussi laid que haïssable ; il se faisait constamment garder par des membres de la confrérie du Pentagramme, à qui il avait rendu quelques menus services en échange de leur protection fidèle et dévouée, et, de toute évidence, tous ses gens de maison le craignaient comme le diable en personne! Il reçut le jeune homme sans difficulté, mais pour l'enfermer presque aussitôt dans une chambre de sa demeure, sans jamais plus lui adresser la parole. Seuls, les domestiques purent lui être de quelques secours, certains en lui faisant de précieuses confidences, d'autres en accomplissant quelques recherches à sa place, d'autres aussi en faisant partir en cachette des courriers pour sa famille, mais tout ceci prit un temps qui parut démesurément long à ce pauvre captif… Jusqu'au jour où Kareg, la mère du jeune Hélouri Malempierre arriva à Saint-Malo, au secours de son fils ! Lorsqu'elle vint cogner à son huis, Onnev, le maître des lieux, était loin d'avoir envisagé qu'elle eût osé se présenter devant lui. Il avait toujours pensé, du reste, que ses gardes personnels et son insigne de maître du Pentagramme le mettait constamment à l'abri de toute déconvenue. Mais Kareg mit en échec cet outrancière assurance. Il jeta son insigne de rage en la voyant devant sa porte. Il sonna ses gardes, mais sans insigne, il n'avait plus aucun pouvoir. Le visage encombré de grimaces, il courut jusqu'à la chambre de Malempierre…oh !!!…son sang ne fit qu'un tour ! La chambre était vide ! Le Penneg hurla : « Malempierre ! Je vous retrouverai… Depuis combien de temps cette chambre était-elle vide ? Pas un des domestiques, pas un des gardes n'accepta de répondre à ses questions ! On les entendait susurrer le nom de Diaoul, le diable, en désignant leur maître, et sa rage se fit entendre dans la bâtisse pendant des heures et des heures…son plan avait échoué ! Il avait cru tenir sa vengeance et sa monnaie d'échange envers sa famille, mais le jeune homme qu'il séquestrait avait disparu et sa colère le rendit fou. La mère du jeune Hélouri quitta alors Saint-Malo, rassurée de savoir que son fils avait retrouvé sa liberté, et prit la route du retour tout à fait confiante…son fils n'avait jamais manqué de bravoure, et elle imaginait aisément avec quelle énergie il continuerait à poursuivre sa recherchee quête pour laquelle elle se savait désormais bien inutile.
13-05-04
Stereden 5
l'écriture de ce conte a commencé le 07 mai 2004 Sur son chemin, un jour, il rencontra Tangi le pèlerin, qui lui dit avoir reconnu la demoiselle en question, sur la route de Compostelle . Une autre fois ce fut Imran, le chamelier, qui lui assura qu'elle portait un voile, et que de son visage, seuls les beaux yeux étaient désormais visibles. Mais il était certain de l'avoir aperçue dans le désert du Negev, au milieu d'une colonne de nomades ! Et puis, plus tard, Sanjaya le jeune prince hindou, qui lui raconta qu'il l'avait vue danser dans un palais voisin ... Et puis aussi Sani, le Katangais, qui lui affirma que le faciès que lui décrivait Hélouri était bien celui là, mais que la peau de la jeune fille n'était plus de cette couleur, en ajoutant que la demoiselle en question était très charitable et avait souvent porté l'eau aux plus faibles de la tribu, dans son village d'Afrique, avant de disparaître un jour, sans laisser de trace ... Et encore Marika, qui révéla au jeune homme avoir conversé avec la Belle la veille de son départ quand, pour une des îles de l'archipel des Mascareignes, Steredenn s'embarquait sur un navire marchand sous le déguisement d'un jeune marin…Steredenn lui aurait dévoilé un peu de son secret : elle cherchait partout le jeune homme que Le Livre décrivait, elle le poursuivait depuis fort longtemps, et elle le rechercherait longtemps encore, fort longtemps certainement… LE LIVRE !…Hélouri ne comprit pas aussitôt ce que voulut dire cette interlocutrice, mais ces mots retentirent plus tard dans sa tête, comme un signal ! LE LIVRE ! »… -Mesdemoiselles, la lecture est terminée à présent, et je vous demande de méditer sur ce que vous avez entendu aujourd'hui. Vous savez bien quelle sera votre tâche lorsque vous vous rendrez, à votre tour, sur la planète Terre : vous aurez à aider les humains à retrouver leur route, à retrouver la voie de la sagesse, à retrouver… (à suivre)
14-05-04
Stereden 6
l'écriture de ce conte a commencé le 07 mai 2004 Yed avait déjà entendu ces paroles plus de dix fois, maintenant, à un détail près! Elle avait précédemment effectué onze séjours sur la terre puis recommencé une vie, à chaque retour, dans l'une des alvéoles des «Petites-Ruches». Sur terre, elle avait pu déjà endosser tous les costumes de toutes les régions de tous les continents, ou presque. Elle avait changé de couleurs de peau, mais jamais elle n'avait changé d'esprit. Elle avait changé de prénoms au gré des pays traversés, mais jamais changé de conscience. Elle avait changé de langage aussi, et de religion, mais jamais changé d'âme profonde… Elle s'était aisément reconnue dans toutes les femmes qu'elle avait côtoyées sur Terre : la femme afghane, qui souriait sous son voile lorsque son enfant, ingénument, lui contait une de ses bêtises sans honte ; et la jeune malienne, pleurant de voir les siens emportés par une maladie qui ravageait tout son continent ; et cette vieille femme lapone, au visage déformé par le froid, mais dont le sourire magnifique fendait le cœur plus sûrement que le gel ne fendait les pierres ; elle n'avait pas oublié non plus la fille perdue des trottoirs de Bogota, à la merci d'appétits malsains, ni la jolie québécoise qui lui prit la main sur les rives du Saint-Laurent pour lui parler de ses ancêtres, ni la jeune et belle danseuse rodriguaise au regard pétillant, ni la Grande Dame du Kurdistan, qui lui montra des horreurs commises par ses frères humains dans la plus totale impunité : cette femme, elle l'avait ainsi surnommée «Grande Dame» tant sa force lui avait alors paru surhumaine, et si proche des paroles du Livre… et bien d'autres femmes étaient encore présentes à son esprit… *** Yed savait que le Grand Maître des choses avait décidé, il y a fort longtemps maintenant, de reprendre les toutes premières pages de son Livre, afin de réparer une erreur commise. En effet, depuis que l'Homme Premier, pris en défaut, lui avait répondu si insolemment, pour se disculper : « la femme que Tu as mise auprès de moi m'a présenté ce fruit… » le grand Maître s'était résolu à reprendre les choses à l'envers ! Depuis, le Grand Maître n'avait cessé de faire luire des millions d'étoiles, d'instruire des femmes et envoyer aux hommes des étincelles de connaissances, en se disant que cette fois, ce serait à la Femme d'assurer l'avenir de la Terre, parce que la Femme serait instruite de toutes les choses, elle saurait, par exemple, que l'enfant qu'elle porte ne peut en aucun lieu de la planète être un sous-enfant, quelle que soit sa couleur de peau, sa langue, et même sa religion qui n'est qu'un itinéraire possible… et saurait, sans leur en tenir rigueur, que les hommes, eux, n'avaient peut-être pas tout compris…certains d'entre eux, depuis trop longtemps, demeuraient des guerriers, des barbares, des donneurs d'ordre, dans le plus grand désordre quelquefois... *** Yed savait que la leçon suivante dévoilait aux jeunes filles que celle qui descendrait sur Terre pour la douzième fois serait celle qui aurait ainsi traversé les douze constellations du zodiaque, au cours de ses voyages. Yed savait que la page qui venait d'être lue aujourd'hui était «la sienne», et que son nouveau départ pour la Terre était imminent…En effet, chaque départ proche était annoncé par la «mère» grâce à un mot-clé, que Yed seule pouvait reconnaître aujourd'hui : Tréhal Yed était heureuse, car elle serait bientôt de retour sur cette planète où l'attendait Hélouri, et porterait pour toujours, cette fois, le doux nom de Steredenn…Lorsqu'elle arrivera, elle aura alors traversé toutes les constellations du Zodiaque et… ***
Mais, ce temps n'est pas arrivé sur terre ! Peut-être nous faudra-t-il beaucoup attendre encore !
Le jour où Steredenn rejoindra Hélouri sur Terre, tous les dauphins de toutes les mers du monde chanteront ensemble pour prévenir les hommes, et prendront alors une teinte bleutée, d'un bleu sombre aussi profond que celui des yeux de Steredenn.
En attendant ce jour, des millions de femmes sur terre, les paupières mi-closes, une étoile au fond du cœur, susurrent déjà à l'oreille de leur enfant…N'aie crainte!
il sera, une fois, une étoile nommée Steredenn la Belle. Fin ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶ ¶