les histoires de géraldine

des écrits pour le plaisir

30-05-04

l'histoire d'un bisou voyageur...

 

A T T A C*

 

*ATTAC : Absence Temporaire Testant Amourmitié Clavinaissante

 

 

 

pour comprendre le texte, un petit lexique sera utile

 

 

Lexique

Accorder ses violondes : régler les tensions, les fréquences afin d'obtenir la meilleure qualité de résonance magnétique

possible

Amourmitié : lien qui s'établit entre deux humains, lien pur,indestructible, intemporel, presque divin

Clavarder : bavarder par l'intermédiaire d'un clavier

Clavardage : bavardage sur clavier

Clavinaître : naître à partir d'un clavier

Condeversation : conversation uniquement par ondes interposées

Epous'onder(s) : réaliser l'union d'êtres dont les ondes s'épousent dans un même faisceau. Cette opération réalisée, elle

reste définitivement inscrite dans le code fréquentiel des dites ondes

            Horizonde : ligne imaginaire indiquant les limites du champ d'action des ondes

           Intimiter(s') : apprendre à se connaître, à entrer dans l'intimité de l'autre (à deux ou à plusieurs.)

          Mentalondes : ondes en provenance du mental, de l'intellect

          Neurondes : nerfs, forces des ondes

           O U H V : Ondes à ultra haute vibration

        Questionde : interrogations venant perturber la clarté des ondes

       Transe- fusion : Etat virtuellement fusionnel, dans lequel les êtres sont dans un état de conscience modifié, proche de la transe,

                                   de l'inconscience donc.

        Trionder       : réunir les ondes de trois fréquences simultanées sur un même faisceau

et maintenant, le premier jour de ce carnet de route d'un bisou voyageur...

Dimanche 13 juillet 03

 

 

Tout d'abord je me présente : je suis un élément difficile à décrire, parce que je n'ai pas vraiment de consistance, je ne suis parfois qu'une sensation, ou une image virtuelle, ou un concept, ou une attitude, voire une action, ou…seulement une impression semblable à toutes ces choses que les humains peuvent inventer pour communiquer entre eux . Je suis un bisou.

Ce matin, ce fut à la fois un grand étonnement et un certain ravissement pour moi. Parce que, alors que je vivais ici depuis un certain nombre de jours, chez P., avec plusieurs de mes semblables, j'ai réalisé que j'étais en partance pour un voyage de durée indéterminée…que j'étais l'élément désigné pour atterrir dans sa valise. En effet, un message disant : « Un bisou de toi dans ma valise et, c'est parti… » adressé à celle qui m'avait mandaté pour transmettre des ondes à l'homme qui me glisse dans sa valise, en ce moment, ce message dis-je, m'a fait comprendre que j'allais devoir pendant plusieurs semaines être l'heureux élu, celui sur lequel deux humains allaient devoir compter pour garder le contact.

Il faut maintenant que je parle de V., cette femme avec qui je suis en permanence relié par un système d'ondes unique, dont la fréquence n'est connue que d'elle, et dont les pouvoirs sont entre ses seules mains, ou plutôt ses seules pensées.

V., c'est la femme de l'histoire. L'autre humaine, celle que P. a choisie un jour pour clavarder*, pour s'intimiter*, à deux, tout cela sans s'être jamais vus, jamais touchés avant ce voyage, sauf par la pensée et par les ondes.

Autrement dit, je ne sais pas très bien qui des deux est mon réel propriétaire aujourd'hui, tout ce que je sais, c'est que je pars et que je serai constamment «connecté» aux deux personnages.

P. et moi partons pour une mission somme toute analogue, humanitaire, qui est celle de transporter une certaine forme d'énergie dont les humains ont tous besoin pour bien vivre, cette énergie qu'il nomme Amour du prochain : Amour des humains de toutes races, de toutes nations, pour d'autres humains vivant, comme eux, sur la planète terre, mais sous d'autres latitudes, partage d'Amour universel .

Bien sûr, il arrive que ces ondes, ces courants d'énergie, soient parfois remarquables, plus intimes, plus privés dirons-nous, lorsqu'un élément notoire fait que le mot amour désignant cette énergie prend un sens plus précis entre deux humains spécifiques, à cause de l'attirance qu'ils exercent l'un sur l'autre, ou à cause d'un passé commun, ou encore à cause de trajectoires qui se rejoignent ou que sais-je encore…. Il y a de nombreuses raisons possibles.

Je sais que je pars vers une destination où peut-être des moments difficiles vont entamer la sérénité de P., mais où peut-être, aussi, d'autres instants grandioses vont rendre difficile pour moi la tâche de transmettre les ondes envoyées par V., parce que la capacité de réception de l'homme en sera d'autant réduite que les émotions générées par ces instants-là seront grandes et fortes.

Je sais donc que mon rôle sera tour à tour une tâche rude, une œuvre délicate, une activité très agréable souvent, et toujours une opération importante. En effet, V. tient vraiment à ce que je sois toujours présent, en mesure d'assurer ma mission, quelles que soient les circonstances, tout en restant discret, mais actif.

J'ai un peu d'appréhension : je n'ai pas l'habitude de voyager dans une valise!

Je me suis promené, depuis mon arrivée chez P., en toute liberté dans son logement, ses placards, sur lui, ses vêtements, je l'ai suivi parfois au dehors, je suis apparu dans ses rêves, et ai même réussi à traverser ses pensées en plein travail! Et voilà que je vais devoir rester un long moment coincé entre des vêtements, un nécessaire de toilettes et, qui sait, bien d'autres objets qui ne me sont sans doute pas très familiers. L'homme a même laissé entendre qu'il emporterait un certain nombre de feuillets à lire, je pourrais donc, s'il met ce projet à exécution, me retrouver pris entre deux pages.

Peu importe, je suis aujourd'hui, malgré toutes mes inquiétudes, le plus beau, le plus fort, le plus généreux, le plus doux, le plus gros, le plus, le plus, le plus…heureux de tous les bisous du monde. Je suis celui qui part avec P..

 

 

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31-05-04

ATTAC* 2

                                                                                                              cette histoire a commencé le 30/05/2004

Lundi 14 juillet 03

16 heures environ…

Il fait très chaud. Je voyage dans des conditions très pénibles. Il m'a été extrêmement difficile aujourd'hui de rester en contact avec P., qui n'a pas souvent été à ma portée, en raison de la distance qui nous séparait, ou bien des obstacles qui faisaient écran, mais aussi du brouillage d'ondes explicable par les mille pensées qui agitaient son esprit. J'en ai perçu quelques-unes, ça arrive parfois que les ondes interfèrent, mais je les garderai pour moi, car elles ne concernaient pas ma mission…

J'ai été, cependant, toujours en contact avec V. qui utilise toutes sortes d'astuces pour me trouver, quelles que soient mes positions. En ce moment même, je sais par exemple que, même si elle me voit toujours bloqué dans cette valise, elle me demande d'essayer de jouer le bisou invisible et de franchir les verrouillages qui me retiennent prisonnier afin de porter une douce brise sur les paupières de P. qui somnole…Il a sûrement chaud, lui aussi.

V. me fait savoir que la Bretagne fond sous un soleil de plomb et que tout bisou, dans de telles conditions, peut devenir déplaisant par manque de fraîcheur, aussi me recommande-t-elle mille précautions pour ne pas faire échouer ma mission qui est celle de procurer du bien-être …Je ferai tout pour la satisfaire, parce que je sais que son cœur est sincère, très sincère. Je la connais si bien.

J'ai hâte de voir la valise se poser quelque part, n'importe où, et s'entrouvrir un peu. J'étouffe par moment. Je pense qu'il sera tard, très tard, lorsqu'un rayon de lumière filtrera par le couvercle de cette malle, ce soir, et qu'un peu d'air viendra rafraîchir tout son contenu qui me trouble un peu, tant son parfum et celui des choses auxquelles je m'étais accoutumé petit à petit pendant mon séjour chez P. sont maintenant concentrés et presque perceptibles, par voie de conséquences, par V. à l'autre bout de la fréquence. Elle aussi, je la sens perturbée, un peu grisée. Tout cela ne me rend pas la vie facile !

Un bisou ne peut pas rester longtemps en captivité, il a besoin de liberté, de lumière, d'air, pour vivre et être performant. Je me sens un peu mou, amorphe, et il est bien évident que V. ne m'autorise pas à faire les choses à moitié.

Il va donc me falloir accomplir une prouesse énergétique pour sortir de cette valise dès que P. sera installé, et foncer sur lui, sur son cou, ses yeux, ses joues ou ses lèvres, je ne sais pas encore, pour me refaire une santé après cette longue séquestration. Je sens tout le poids des ondes bretonnes qui s'accumulent, et aussi déjà tout le poids des interdits qui vont peut-être hanter mes pérégrinations. J'ai entendu, au cours d'un précédent déplacement, que les rapports entre humains dans certains endroits ne sont pas tout à fait semblables à ceux que j'ai coutume d'établir ou d'entretenir, et que la liberté n'a pas toujours le sens que mes ondes perçoivent et propagent. J'ai cru comprendre que je devrai redoubler de prudence et de discrétion, que l'exubérance ne sera sûrement pas de mise. De toute façon, V. m'a informé, « tu pars pour accompagner une mission, pas pour que l'on s'occupe de toi, bisou !! Je sais que ce sera un peu frustrant parfois, mais c'est la règle du jeu »

Je suis tout excité quand même, les difficultés ne me font pas peur….mais vivement ce soir, j'ai très chaud.

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01-06-04

ATTAC* 3

                                                                                                    

                                                                                                                                     cette histoire a commencé le 30/05/2004

Mardi 15 Juillet 03

Heure ?

Voilà, je suis totalement déboussolé. Etant donné qu'un bisou, c'est intemporel, je m'étais fait des pense-bêtes en Bretagne pour suivre le rythme des humains et faire en sorte d'arriver à propos, presque toujours. J'ai commis quelques erreurs parfois, mais ce n'était pas toujours de ma faute, les humains ont aussi des caprices !!

Mais ici, je suis complètement perdu.

Pourtant, j'ai réussi à mener à bien ma mission hier soir, et avec quelle satisfaction !!!

J'ai permis à mes deux complices d'échanger un tout petit instant de tendresse. Très court, c'est vrai, car l'homme était tellement éreinté que tous mes efforts pour faire durer le plaisir auraient été vains, et je n'avais pas reçu de consignes dans ce sens: V. est assez délicate, elle imagine assez bien les conditions de voyage pour ne pas se montrer démesurément exigeante depuis notre départ.

Ce matin, car je crois que nous sommes au petit matin à l'instant où je parle, je vais faire une tentative de prolongation, puisque le repos rendra les choses un peu moins difficiles. Je n'en suis pas encore au long, long bisou sans fin, mais au discret bisou qui se pose doucement, qui transmet quelques ondes sous la peau, qui fait sourire parfois, et qui donne un petit coup de jeunesse après une nuit d'abandon…

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que la journée commence bien.

Je ressens tout à fait bien le magnétisme qui commande mes actions, c'est comme si V. était là à quelques mètres de moi. C'est presque comme si je n'avais pas quitté ses lèvres, qui ont été mon lieu de séjour avant toute cette aventure.

Je suis presque assuré que P. accueillera ma démarche avec un certain plaisir, il me reste à choisir l'instant …

C'est un homme assez amusant : il est plein de vie, d'enthousiasme, de joie de vivre, mais j'ai  cru noté parfois qu'un tout petit voile venait se poser sur ses pensées, comme si quelque chose était absent, comme si une pièce manquait à un puzzle qu'il ne cesse de faire et défaire, en quête de son achèvement, et qu'en même temps il est inquiet de terminer, parce qu'après… ??

Comme si tout allait bien pour lui tant qu'il peut dire : « action, on tourne ! »

Comme si seule l'action sans cesse renouvelée était la clé de sa survie…

Comme si après, il y avait le vide et encore la solitude, parce que le piège d'après l'action, c'est la solitude…

Moi, je ne comprends pas tout de leurs élucubrations à ces humains, mais je constate que V., elle, n'est pas vraiment dans l'action en ce moment, et que pourtant elle est présente, très très présente…elle ne cesse de me charger d'énergie positive, toute féminine, toute sucrée, toute lisse, pour que je sois au mieux de ma forme lorsque je me poserai bientôt sur l'homme, le complice, son complice. Je crois qu'elle l'…. un petit peu, j'ai déjà senti vibrer ce genre de relation entre humains et, je ne sais pas pourquoi, j'ai vraiment l'impression qu'entre eux deux, ce n'est pas ordinaire.

Peut-être même qu'elle l'…. déjà beaucoup...

                                                                                                         * * *

Heure ?

Je viens de recevoir, il y a environ une heure, un flot d'ondes délicieuses, en prévision des moments difficiles. J'ai mission de les stocker pour les redistribuer, celles-là, au gré de ma fantaisie ou plutôt des besoins que je serais en mesure de détecter. Sur le moment, je n'ai pas très bien compris pourquoi ce stockage, mais la fin de journée approchant, je réalise qu'en effet tous les instants de ce voyage ne seront pas nécessairement agréables, ni pour P. qui peut parfois rencontrer des problèmes, ni pour moi qui devrai gérer des situations tendues.

Nous commençons, V. et moi, à régler notre flux et, si je ne me trompe pas trop, le décalage entre son horloge et la mienne doit se situer aux alentours de trois heures…je vis trois heures plus tôt qu'elle…Il me faudra donc tenir compte de cet écart. Pour le moment, je me prépare à intervenir en soirée, quand l'homme se retrouvera vraiment seul. Je n'ai pas du tout l'intention de me donner en spectacle, et puis, parce que j'en ai déjà fait l'expérience, je sais que les ondes se perdent, se mélangent, se brouillent lorsqu'il n'y a pas assez de proximité, d'intimité. Je vais donc bien choisir le moment.

L'homme m'apparaît sous un jour nouveau. Ici, j'accompagne un « travailleur en vacances, ou un vacancier au travail », enfin je ne sais pas bien comment les humains traduiraient cela, mais moi je sens bien que ce n'est pas le P. des réunions, des séminaires et autres…C'est plus proche du vrai Homme…Il me donne parfois l'impression de nager comme un poisson dans l'eau, d'être dans son élément, là ! Cependant, je le sens parfois soucieux, et ça, je ne saurais pas encore l'expliquer…

Vivement l'heure où nous allons nous retrouver en tête à tête, je l'aime bien, moi aussi, ce P.

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02-06-04

ATTAC* 4

                                                                                                                      

                                                                                                                                                                 cette histoire a commencé le 30/05/2004

Mercredi 16 Juillet 03

Nous approchons de 6 heures…

J'ai beaucoup apprécié l'instant de nous retrouver enfin seuls, P. et moi, hier. Plus de bavardages insondables pour moi, de bruits étranges, d'ondes-visages inconnus…

Alors seulement il s'est laissé aller, ne faisant plus attention à sa tenue, profitant du calme pour se rafraîchir, laissant ses pensées vagabonder, souriant parfois à ce qui lui passait par la tête…c'est amusant un humain, c'est capable de recharger seul ses propres batteries, souvent en peu de temps. Bien sûr, toutes les énergies venues d'ailleurs sont les bienvenues, mais les humains sont vraiment très forts pour se regonfler … et il me semble bien qu'hier soir, l'homme se rechargeait tout seul…Curieusement cependant, moi je sentais simultanément une sorte de « pompage ». Tout se passait comme si l'homme venait puiser chez moi, de son propre chef, un peu des réserves mises à disposition par V., par autorisation tacite…C'est donc cette espèce de magie qui va s'opérer pendant ce voyage, entre nous trois, me suis-je dit. Tant mieux, j'aurai moins de mal à accomplir ma mission : j'ai connu terrains plus difficiles !

Je me sens bien, ce matin…Je crois avoir été vraiment doux hier soir, vraiment efficace aussi, et comme P. était un peu distrait, j'ai profité (je l'avoue) de la situation pour ne pas retourner ni dans la valise, ni dans un placard, ni sous une chemise ou je ne sais quel autre élément, je me suis installé sur une joue, juste assez haut pour ne pas glisser pendant la nuit et tomber sur une zone dangereuse qui aurait pu réveiller l'homme et, qui sait, me condamner à me faire renvoyer d'où je viens, dans la valise…car, dès que l'homme a rechargé ses batteries, je ne sais pas toujours ce qu'alors il attend de moi, et les consignes de V. sont claires: discrétion…

J'avais juste envie de prendre un peu de risques quand même, moi aussi je me recharge de temps en temps!! Et j'ai constaté une chose, dès que je me mets un peu en danger, V. me signale que la connexion est plus intense et que ses ondes montent en puissance. Et ça, je dois dire que ça m'amuse !…ils sont un peu tributaires de moi aussi, les deux petits humains…et se sentir un peu maître des choses parfois, ce n'est pas déplaisant non plus.

J'étais bien, toute la nuit, posé au coin de l'œil. Dès que je manquais de glisser, je m'accrochais à ses cils pour que P. ne se rende pas trop compte de ma présence. Je ne suis pas tout à fait certain qu'elle lui aurait déplu d'ailleurs, mais pas tout à fait certain non plus de l'instant où il désirerait moins d'assiduité de ma part …quelle vie, que celle d'un bisou de voyage !!!

V. est sereine aujourd'hui. Tout va bien. C'est un jour exceptionnel…

Elle a essayé de me faire saisir le temps que durera ma mission, si tant est qu'elle ait bien compris le message de l'homme, avant son départ. «Retour prévu un jeudi de la semaine des quatre jeudis». Elle en a conclu que ce retour se situerait peut-être le 14 Août, puisque quatre jours fériés se suivront à cette période là…mais elle cogite beaucoup trop, et parfois elle se trompe !! Je sais qu'un retour avant cette date ne sera sûrement pas pour lui déplaire, à moi non plus ! Je sais aussi qu'un séjour plus long amoindrira certainement ses ressources d'énergie, car elle ne peut pratiquement pas recevoir d'ondes en échange des siennes, sauf celles que je peux éventuellement transmettre lorsque je prends quelques libertés avec mon contrat…Aussi, la connaissant, je sais qu'elle donnera tout ce qu'elle a de meilleur et que parfois elle souffrira du manque de retour. Mais, comme à son habitude, elle trouvera toujours des réserves cachées et elle tiendra jusqu'au bout. Ce n'est pas le genre de femme à baisser les bras…Elle ne confie pas de bisou à la légère, et prend soin de ceux qu'elles met en service dans la nature. Moi qui fais partie de sa batterie de bisous, je sais que nous y sommes peu nombreux, mais solides…

Je ne connais pas le programme de la journée, il fait déjà chaud, je vais essayer de me poser délicatement sur une partie douce du visage de P. dès qu'il sera fin prêt pour partir défier sa journée et dire: « on tourne !! » Je le ferai au moment où il ne s'y attend pas, j'ai envie de le chahuter un peu…après tout, il a le beau rôle : je suis là, à sa disposition, je peux bien lui jouer des tours aussi.

V., je te reçois cinq sur cinq, ne te fais pas de bile. Je n'ai pas oublié, ce soir…

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03-06-04

ATTAC* 5

                                                                                                                                      cette histoire a commencé le 30/05/2004

 

Jeudi 17 juillet 03

Matin, je ne sais pas quelle heure, je ne me suis pas réveillé tôt et P. n'est plus là, près de moi…

Mais, il faut que je raconte la soirée passée et cela va occuper le vide du moment.

C'était en effet un jour non ordinaire, un « joyeux z'anniversaire… » (ces deux voyageurs là ont des trucs comme ça pour jalonner leur histoire, que je ne saisis pas, du langage codé ??)

Le 16 Juin, un mois donc, jour pour jour, avant la belle journée d'hier, l'homme envoyait son premier message à la femme : « bonjour, V. […..] nous pourrions faire un bout de chemin ensemble […. ]»

Et voilà comment s'est déclenchée ma mission, voilà comment un bisou réserviste comme moi s'est retrouvé en exercice, et puis a été envoyé au front.

Aussi j'étais chargé, hier, de marquer de façon originale cette journée d'anniversaire. Ma première idée avait été de me la jouer Gros Bisou, direct, à la russe, juste après le brossage des dents par exemple, en me disant qu'alors le verre volerait par dessus l'épaule et irait se briser quelque part contre un mur de notre logement, et que la tête résonnerait de chants dignes des cœurs de l'armée rouge ou des musiques accompagnant le Docteur Jivago !!

Et puis ça ne s'est pas du tout passé comme ça.

L'homme était paisible, je l'ai senti un peu fatigué, et j'ai pensé que l'ambiance Vodka et Kalinka, même pour faire revenir le temps du muguet, le premier mai, la commune, Potemkine, ou d'autres rappels fracassants, ce n'était pas un bon plan.

Alors j'ai laissé le temps couler, tout doucement, et quand l'homme s'est enfin immobilisé pour se reposer, (parce que ce n'est pas facile d'arrêter un P. comme celui-là), je suis venu tranquillement, légèrement, me poser sur ses lèvres, en tentant d'épouser délicatement leur contour. J'ai attendu que l'homme se détende et les laisse s'entrouvrir pour libérer doucement ma réserve d'ondes, les plus soyeuses possibles…celles qui font frémir en souriant. L'homme a joué le jeu, il m'a semblé que ses pensées musardaient, qu'il était bien, et j'étais heureux de penser que sûrement V. ne resterait pas insensible au charme de cet instant là, même si j'avais légèrement outrepassé  ses consignes …c'était un jour de fête !!! Elle percevrait donc automatiquement mes sautes de fréquence, ce serait ma façon à moi de lui permettre de partager l'instant.

Voilà, je ne sais pas combien de temps a duré ce petit jeu là, mais je m'y suis laissé prendre. Je me suis endormi, et cette fois c'est l'homme qui m'a surpris. Ce matin, il m'a laissé à la maison…

Enfin, je ne sais même pas où je suis. Un bisou n'a pas d'œil, pas d'oreille, ses seuls éléments d'appréciations sont des ondes, des ressentis, des champs magnétiques, des vides, des brouillages…

Je constate que l'homme est loin de moi, mais que son humeur est joyeuse, qu'il a une énergie débordante ce matin, que je ne fais pas partie du décor pour l'instant, que je ne lui servirais à rien.

Ma foi, c'est aussi ça, la vie de bisou, rester parfois dans son coin.

Je vais en profiter pour faire un peu de ménage, dans mes ondes, et classer.

 …Ce n'est pas la première fois que je suis en mission pour V., et c'est drôle, pas la première fois que je rencontre des gémeaux, pour elle. Deux seulement restent présents dans mon carnet-mémoire comme étant des VIP. Le premier a reçu mes services pendant longtemps, il faisait partie de sa «famille», c'est comme ça que les humains nomment les groupes d'individus issus de lignées génétiques communes. Le second a été un de ses coups de cœur.

Une histoire courte, forte, déjà lointaine…Ces deux  gémeaux là avaient des points communs, c'étaient des gens un peu aventuriers, poète et musicien pour l'un, navigateur pour l'autre, des cœurs fragiles derrière des carapaces en béton, des cœurs d'artichaut en veine de confidences, qui avaient trouvé refuge dans les bras d'une V. qui ne sait jamais dire non…qui ne savait jamais dire non.

L'un des deux n'est plus de ce monde aujourd'hui, l'autre vit sa vie et l'affaire est bien classée. V. a souvent répondu aux appels d'énergie qui lui étaient lancés, et au point d'y laisser un peu de ses forces à chaque fois.

Les bisous ne peuvent pas tout, je sais bien que quelquefois mes missions ont été en pure perte.

V. n'est pas une croqueuse d'humains, qu'on se rassure…mais ce n'est pas non plus une icône. Elle réagit aux ondes, et cela, elle ne peut pas l'étouffer sous une chape de moralité bien pensante, un tue l'amour, puisqu'elle, de l'amour, elle en a à revendre.

Mais nous, ses bisous, depuis quelques années ne partons en mission que pour des opérations «partage», elle a un peu levé le pied pour les opérations «pure perte» qui lui ont fait mal, laissé des cicatrices….

Ah ! interruption !

Me voici en double connexion : d'un côté je suis «en charge», de l'autre «en pompage»…

J'aime particulièrement ces petits instants pendant lesquels, simultanément, V. recharge mes stocks d'ondes et P. puise quelques réserves pour se faire plaisir. Parfois, ces instants sont très brefs, et ne relèvent que de purs hasards, je crois. Mais il me semble qu'en certaines circonstances, ces rencontres répondent à d'autres phénomènes qui dépassent mes capacités de compréhension, et en général, dans ce cas, les échanges durent dans le temps et sont plus puissants.

Tout se passe alors comme s'il s'agissait d'un véritable rendez-vous. V. utilise alors des OUVH* et les deux complices se prêtent à ce que nous appelons dans notre langage professionnel une transe-fusion*.

Ces moments sont exceptionnels, il ne m'appartient pas d'en tenir une comptabilité mais je crois pouvoir dire qu'à ce jour, ils ont dû se compter sur une demi-ligne de clavier…

Voilà. C'est déjà fini pour le moment, ce devait donc n'être qu'un heureux hasard. L'épisode me permet de reprendre contact avec ce P. déserteur qui, je crois, a compris que je voulais jouer avec lui et m'a renvoyé la balle ce matin. Un point partout, les ondes au centre !

Je vais attendre tranquillement son retour dans mon périmètre rapproché et je vais essayer d'utiliser intelligemment le temps pour m'imprégner un peu des ondes des lieux.

Je me réserve les soirées…pour l'instant.

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04-06-04

ATTAC* 6

                                                                                                                                                  cette histoire a commencé le 30/05/2004

Vendredi 18 Juillet 03

Comme j'ai bien fait de rester tranquille…la journée d'hier a été chaude, enfin c'est ce que j'ai ressenti. La soirée assez drôle : Nous avons joué à cache-cache ! ça paraît totalement puéril, évidemment. Mais il n'y a que ceux qui savent ce qu'est ma fonction qui peuvent comprendre, et seulement ceux qui utilisent mes services pour pouvoir apprécier tout l'éventail de mes capacités, et pour imaginer. En bref, les gens qui se prennent trop au sérieux sont totalement incapables de saisir.

Nous avons joué à cache-cache, oui.

Lorsque P. a retrouvé sa solitude, je reviendrai sur ce mot là dans quelques lignes, et qu'il est revenu dans le territoire rapproché, alors évidemment il m'a cherché ! C'est en effet agréable de se faire un peu de bien, sur commande. Mais, j'ai fait le bisou cabotin, j'ai joué les malheureux délaissés, et par coquetterie je me suis esquivé chaque fois qu'il croyait me tenir, enfin nous avons couru l'un après l'autre un bon moment, je lui tendais mes ondes et puis je les faisais disparaître…Nous avons quand-même fini par faire la paix, il me fait trop vibrer pour le laisser en mal de bisou…

Je reviens sur la solitude de l'homme, c'est tellement difficile à définir correctement. En tous les cas, moi qui ne suis pas un humain, je peux affirmer, puisque je ne vis que par, pour, et à travers des ondes, que des hommes très entourés d'humains sont parfois dans une très grande solitude …et inversement. Donc, il ne faudra pas tirer de conclusions simplistes lorsque je parlerai de P., seul, même en soirée. Il se pourra fort bien qu'il soit accompagné. Lorsque je parle de sa solitude, même dans ce cas là, je parle de l'instant où il rentre dans Sa Solitude, dans Son Soi, parce que cet instant là vient toujours…et que c'est celui là qui m'intéresse, on le comprendra aisément. D'abord, parce que je n'ai à lutter contre aucune forme de concurrence alors, que je ne subis aucun brouillage d'ondes, et que je m'approche finalement du seul P. qui m'intéresse, le complice de V.

Hier soir, en fait, j'avais envie, après la récréation, de prendre le temps d'atteindre le P. des profondeurs, celui qui ne dit pas tout, celui qui se cache derrière des caméras, des images, des rencontres fortuites ou provoquées, qui aime le changement juste pour tricher un peu avec lui-même; je voulais atteindre le P. de l'âme. Celui là est beau, moi je le sais. Celui là aime les ondes tendres, loin des brouhahas, des faux éclairages et des mots mensongers. Celui là est le même qui pend au dessus du vide, parfois, agrippé à des pentes abruptes, et le même qui serait prêt à tout donner pour un instant de magie. Mais  il en a un peu peur de cette magie, comme tous les humains, parce que parfois elle les emporte dans des contrées où tous leurs repères sont perdus, où les limites entre l'ici, maintenant, et l'éternité ne sont plus très bien définies.

Ils ont peur de perdre la raison, de ne plus être raisonnables, et «raisonnable», c'est un mot qui sonne bien chez les humains…

Evidemment, pour nous les bisous, c'est une notion qui aurait plutôt tendance à nous faire bien rigoler, comment peut-on raisonner un bisou ???

Je voulais toucher le vrai P., l'autre…

V., j'ai essayé, je t'assure, mais je suis dans l'incapacité totale de te dire si j'ai atteint mon but ! J'ai été tendre, très sensuel, très délicat…j'ai fait tout de mon mieux.

Cet homme là, l'autre P., a une carapace insoupçonnable…il s'est blindé. Je sais que mes ondes le touchent, je sais que je lui procure du bien-être, et je constate qu'il s'interdit sans nul doute de me laisser faire totalement, comme si j'allais lui voler un bout de sa liberté. Il veut maîtriser, se maîtriser, tout maîtriser…Je crois qu'il a des souvenirs parasites…

Mais, pas de panique, V.…tu me connais, depuis tout ce temps. Je n'ai pas du tout l'intention de prendre d'assaut un corps, un cœur, une âme pour piste d'atterrissage. Je ne me poserai qu'en terrain ami.

Je n'ai pas l'intention de violer nos accords, je respecterai tes consignes.

Je n'ai pas du tout l'intention d'échouer, je vais donc progresser lentement.

J'ai senti que je pouvais gagner un peu de terrain, et je suis avant tout un conquérant, c'est ma nature…je suis un pourvoyeur d'ondes et cette  mission passe avant tout.

Ce P. est une conquête des plus passionnantes. Pour un bisou, c'est vraiment un voyage et une expédition de premier ordre. Je t'assure, V., que cette mission ne ressemble à aucune autre…je ne me sens même plus un bisou ordinaire. Ce qui fait le piment de l'aventure, tu vois , c'est que je connais mieux  P. que toi !!!

Et ça, c'est bien la première fois que ça arrive. Le comble serait que je gagne ma bataille et que je lui devienne un bisou indispensable, sans même que tu n'aies à connaître ce P. en chair et en os, seulement en ondes…

Excuse-moi, je m'emporte, je m'emporte, mais que veux-tu, je suis très accroché à cet homme là ! logique, autant que toi…n'est-ce pas ?

Je suis à ton entière disposition, à son entière disposition, mais essayez de vous mettre d'accord pour quelques grands moments, je suis tellement bien dans ces cas là !

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05-06-04

ATTAC * 7

                                                                                                                                                                 cette histoire a commencé le 30/05/2004

Samedi 19 Juillet 03

Je pense qu'il est près de cinq, six heures…

Dis-moi, V., tu ne dors pas à cette heure ! Tu m'envoies un flot d'ondes qui me submergent, laisse-moi le temps d'emmagasiner . Je m'étais endormi.

L'homme se repose, tranquillement. Il a fait appel à moi, de temps en temps, depuis notre départ, et je vais laisser quelques jours passer avant de refaire une tentative comme celle que je t'ai racontée hier. Je vais le laisser aux commandes.

Tu avais raison, l'homme est en mission ici, et je crois que son système magnétique est parfois perturbé. Il est obligé de gérer plusieurs choses à la fois, et je me rends bien compte que, bien que lui étant d'un peu de secours de temps en temps, je l'accompagne et seulement ça, comme tu me l'as dit au départ. Je ne suis pas le centre des intérêts du moment. Parfois, ça me fait enrager.

Se sentir inutile, c'est à la limite de l'humiliation pour un «petit soldat» de mon espèce. Après tout, c'est lui qui m'a choisi pour le voyage. S'il voulait se faire accompagner, l'homme, d'un bisou de seconde zone, il y en a dans les revues, les magazines, de très bien dessinés et qui font pas mal illusion aussi dans les valises ! C'est vrai, ça !!

Ah ! je te dis ça parce que je suis vexé ! Hier soir, mon P. préféré est tombé comme une masse dans ce qui s'appelle un lit, je crois…et il s'est endormi sans même me regarder. Je sais, il y a le travail, la chaleur, les contre-temps, les contrariétés, des casse-pieds, et aussi des gens super-bien qui demandent beaucoup, et puis la fatigue…mais je suis frustré, je n'ai pas pu prodiguer de soins réparateurs, je n'ai même pas eu le temps de me reconnecter.

Maintenant… ah ! mais si tu me réveilles si tôt, ce matin, il y a peut-être une raison !

Ah ! suis-je bête, évidemment, c'est plus facile en terre reposée que sur un chantier de bataille.. Alors, ok, laisse moi faire…rendez-vous dans la journée, plus tard, plus tard.

 

Plus tard…

P. est parti, comme d'habitude avec un gros sourire du matin, je crois même qu'il sifflotait, ou chantonnait, quoi qu'il en soit il émettait des ondes un peu comme une mélodie.

J'ai REUSSI, youpi !!!

Oui, j'ai réussi à approcher du cœur, j'ai bien senti que les ondes vibraient avec une autre fréquence que celle des petits bisous ordinaires et même que celle de gros bisous déjà connus. Aurions-nous vécu une transe-fusion*, en ce beau matin. Aurions-nous tri-ondé* ?

Ma chère petite V., je regrette tout ce que j'ai pu penser au lever du jour, mais trop tard, c'est écrit. Ce P. là, tu as raison, ce n'est pas une partie de plaisir quelquefois, mais c'est du vrai plaisir, vrai plaisir, vrai plaisir…quand il veut.

Néanmoins, quel patience il faut avec ces gémeaux qui girouettent, qui sautillent, qui virevoltent, qui vivent à cent à l'heure, et qui sont là, ne sont plus là…enfin, je ne t'apprends rien.

Et toi, tu te sens comment, ce matin ? Allez, ne fais pas l'innocente, je sais comment vont tes ondes et ton magnétisme, et ton aura, et tout ça, et tout ça…Quel bonheur, ce voyage, quel bonheur !

Hier, tu sais, j'ai quand même eu un peu le mal du pays par moment. Ici, je sens toutes sortes d'ondes pas toujours très positives. Tiens, ça me rappelle la Roumanie, tu te souviens, c'est loin, hein !!!

J'ai hâte de retrouver mon complice, ton complice. Pour l'instant, je ne sors pas trop de ses bagages pendant qu'il travaille ou seulement par «pompage» interposé.

Je ne me suis pas encore permis de m'accrocher à une boutonnière ou au cou de notre complice.

Restons sérieux pendant les heures de travail, c'est bien ça !

Je vais donc poursuivre le classement des ondes, je vais peut-être même me délester un peu de celles qui peuvent servir à tout le monde, aux âmes, aux lieux, afin d'élargir un peu mon univers. C'est une opération que je n'ai pas encore effectuée depuis mon départ..

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06-06-04

ATTAC* 8

                                                                                                                              cette histoire a commencé le 30/05/2004

Dimanche 20 Juillet 03

 

Voilà déjà plus de 600 000 secondes que j'ai quitté la Bretagne.

Ah ! oui, je sais que cette façon ce calculer le temps perturbe toujours un peu les humains, mais pour moi, le bisou, c'est à peu près l'unité de temps qui est la mieux adaptée pour établir des corrélations entre nos deux univers. En une seconde, il se passe déjà tellement de choses pour moi, je peux partir dans un autre monde, revenir, donner et recevoir des quantités phénoménales d'ondes, je peux commencer une longue histoire ou y mettre un terme définitivement. Les humains savent bien que mes missions sont très diverses, du bisou de circonstance, de politesse, au bisou polisson, du bisou de tendresse affectueuse au bisou d'adieu…un bisou, ça doit être très mobile et polyvalent.

Donc, voilà déjà pas mal de secondes passées auprès du voyageur, croqueur d'images.

V., j'ai un coup de blues ce matin. Je ne sais pas comment traduire cette légère baisse de forme, je vais essayer quand même. Ici, j'ai l'impression de ne pas savoir vraiment dans quel univers je suis…je n'arrive pas toujours à bien sentir les choses tant les ondes extérieures que je perçois sont brouillées, et parfois très chargées négativement. Je n'ai pas l'impression de me trouver dans un milieu franchement hostile, non, mais je ne me déplace pas non plus dans une atmosphère de parfaite quiétude. Toi, V., je crois que tu vas peut-être me comprendre si je te dis que parfois il me vient des emportements, des ressentis comme lorsque nous avions vu la façon dont étaient traités les tziganes en Bulgarie, tu te souviens de cela, il y a déjà longtemps. Nous avons éprouvé les mêmes perturbations ,depuis, en France, à plusieurs reprises…chaque fois que des humains trouvaient le moyen de détruire tout, ou presque, de l'espace d'expansion des ondes d'autres frères humains, les mettant alors dans l'obligation de les enfermer en eux jusqu'à l'explosion, explosion qui ne peut pas arriver, sous peine de destruction. Est-ce que tu déchiffres à peu près ce que je veux dire, oui !

C'est vrai, je sais que tu ressens mon malaise, j'ai constaté le changement dans tes envois d'ondes depuis déjà deux jours, mais j'étais tellement focalisé sur ma mission d'accompagnateur d'un humain que j'en oubliais les autres, tous ceux qui sont là tout autour de moi, que je ne vois pas, que je ne connais pas et qui, eux, me sentent bien, j'en suis certain.

Un bisou qui se balade en «presque» liberté comme ça dans des bagages, qui voyage de pays en pays, de lieu en lieu, sans avoir à rendre de compte, juste pour distribuer du bonheur, du plaisir à un humain veinard, ça peut paraître incongru, presque indécent, à d'autres humains qui essaient de retrouver juste un peu d'air pour respirer après un séisme provoqué.

V., je sais que tu avais compris tout cela avant moi, mais je ne suis qu'un bisou, pour vous servir, petits humains chanceux mais si généreux, si soucieux des autres, si discrets…je sais bien pourquoi je suis souvent en retrait dans les bagages, pourquoi je dois être patient et réservé, mais les bisous ne sont pas raisonnables, par nature. Heureusement qu'ils sont sous contrôle presque toujours, c'est vrai, sinon quelle pagaille ils pourraient mettre.

Après tout, ce pourrait être une douce pagaille…très féminine. La douceur, la féminité arrangent bien les choses, souvent…les ondes de femmes, les ondes «tendance bisou» sont souvent porteuses de paix : il y a des femmes qui en ce moment sont à l'œuvre entre Turquie et Arménie par exemple, je crois qu'elles ont raison, elles sont plus ondes-bisous sûrement qu'ondes-canons, plus ondes-Amoumitié* qu'ondes-destruction massive.

Voilà, j'ai dit tout cela pour me soulager parce que je sais qu'avec toi nous sommes sur la même fréquence, évidemment. Je n'en dis rien à notre P., parce que je n'ai pas bien le temps de bavarder longuement avec lui, mais je sais que vous avez, tous les deux, les mêmes fréquences ou presque. Il reste à peaufiner, tu saisis la nuance dans le choix du mot ! ça c'est un clin d'œil à ton impatience, à peau-finer donc pour que l'on en vienne à célébrer autre chose : un jour, vous vous épous'onderez* vraiment. Je comprends bien qu'ici ce n'est ni le lieu ni le moment.

Notre P. va bien, et je crois que tes ondes sont appréciées, V.…je sais que tu me reçois aussi cinq sur cinq.

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07-06-04

ATTAC* 9

                                                                                                       

                                                                                                     cette histoire a commencé le 30/05/2004

  

Lundi 21 juillet 03

On constatera que depuis deux jours, je m'étais un peu recentré sur mes sources (V.) et que j'ai beaucoup échangé avec elle. Ce n'était pas un abandon de poste ou de mission, mais une attitude normale et nécessaire après un nombre important de secondes d'activité.

Il faut en effet, à intervalles réguliers, accorder ses violondes* avec la source, les ondes étant comparables à des myriades de filins invisibles, à peine perceptibles, qui doivent, tout comme les cordes d'un instrument de musique, rester suffisamment tendus pour donner des résultats conformes aux attentes, et pas trop, pour éviter la casse !

C'est pourquoi, après une période de blues comme celle que j'ai pu connaître et un peu de tension par manque d'humilité, mes ondes avaient un peu perdu leur nord magnétique, perdu  le nord, tout simplement. Un bisou qui perd le nord devient un bisou dangereux et en danger.

Heureusement que les contacts réguliers avec sa source sont alors la garantie, pour le bisou, de revenir dans la juste fréquence et regagner ses pénates.

Il faut dire que je trouve les conditions du voyage un peu étranges certains jours, par manque de liberté, ça c'est évident, mais aussi par dépaysement total. De plus, ici, je ressens d'inhabituels courants que je vais essayer de décrire, tout en sachant que traduire pour des humains des perceptions de bisou, c'est loin d'être facile et la partie n'est pas gagnée d'avance.

Peu importe, je me lance : depuis un temps que je ne saurais déterminer clairement, je sens des velléités voilées de bisous étrangers, qui cherchent à émettre des ondes, qui semblent se heurter à des murs, et produire de l'écho de temps en temps à cause de la violence du choc contre des barrières infranchissables, mais persister à émettre, émettre, comme pour nous alerter, les utilisateurs de fréquences voisines, comme pour appeler au secours.

Je me sens donc mal à l'aise dans un monde où le climat est un peu lourd, où des ondes bizarres transportent des messages qui n'ont rien d'aussi paisible que des ondes-bisous, comment résumer : le réseau semble encombré par des interférences bien négatives.

Par instant, il m'a semblé que notre P. était entouré d'émetteurs qui n'étaient pas tous aussi pacifiques que ceux qu'un vacancier au travail pourrait espérer rencontrer. Je crois que sa tâche n'est pas nécessairement simple et limpide, c'est ce qui m'a fait constater que je retrouvais, de temps en temps, le P. des séminaires, des réunions, des parlottes…mais cette fois en plus grave, plus dramatique. C'est aussi la raison pour laquelle il me fallait absolument vérifier l'état de mon propre réseau et me rapprocher de V.

Vérification faite, mes perceptions doivent avoir un fond de vérité, il y a sûrement dans les lieux que je traverse des zones très perturbées, et des humains semblables à mes complices, qui n'arrivent pas à communiquer en paix, en toute liberté, et dont les échanges se heurtent à des obstacles infranchissables…situation qui brouille les fréquences, modifie les vibrations et complique considérablement les missions des humains pourvoyeurs d'énergie, des pourvoyeurs d'ondes d'amour.

En observant la ténacité de quelques-uns de ces parangons de générosité, je commence à comprendre ce que veut dire avoir la foi en l'homme, c'est vouloir à tout prix faire passer le message, appréhender les obstacles, les contourner et poursuivre…ce n'est pas croire en la générosité de tous les hommes, c'est croire en son propre humanisme. C'est penser que cela fait avancer les choses dans le bon sens…

Je suis vraiment gâté !!! Cette mission est difficile, mais combien enrichissante !

P. doit être un excellent pédagogue pour bisous! J'aurais au moins appris de nouvelles conditions d'exercice, et je rentrerai au bercail un peu moins ignorant de vos choses humaines.

J'ai déjà vécu avec V. des situations très difficiles, des situations que les hommes redoutent parce que la mort est au bout, et que c'est un mot que les hommes n'aiment pas.

Avec V., nous avons déjà chuchoté des ondes pour accompagner des voyages vers la Grande Porte de fin de vie, et aussi bagarré pour rattraper des «déserteurs de ce monde», qui avaient décidé de fausser compagnie sur terre, qui utilisaient toute sorte de moyens pour filer en douce…et j'avais déjà oublié quelle humilité il faut pour perdre parfois la bataille.

V., je suis fier d'avoir été choisi pour bourlinguer dans cette valise, je vais dès que possible me montrer sous un jour un peu plus sérieux à Monsieur P., pour ne pas être qu'un petit bisou d'accompagnement, mais pour représenter une sorte de bisou-sceau pour célébrer une alliance, une communion de pensées. Il va me falloir m'élever un peu…mais !

Cela ne m'enlèvera pas l'envie de jouer à cache-cache dès que l'occasion se présentera…

Un bisou ne doit jamais oublier sa jeunesse d'esprit et son côté enfant…

Et puis, j'ai dit que je laissais P. aux commandes un peu…alors j'attends de savoir quelle sera son humeur du soir.

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08-06-04

ATTAC* 10

                                                                                                    cette histoire a commencé le 30/05/2004

Mardi 22 Juillet 03

Humeur du soir charmante. Humeur d'hier soir.

Cependant, je souffre un peu de perte de repères. Il me devient de plus en plus difficile de suivre les espaces-temps. La vie est décousue, et je ne sais pas très bien si je suis posé en un lieu précis, ou si je bouge, si je pars, si je reste…les valises, c'est bien, mais c'est un peu étroit quand même !!!

L'humeur du soir est en général agréable, mais quand je dis le soir ce n'est qu'une interprétation du temps faite par un bisou qui n'attend que ce moment là : le retour de P. en zone rapprochée…ce qui peut très bien se situer en pleine nuit comme à…seize heures, dix-neuf heures, vingt-deux heures, … heures d'humains.

J'ai expliqué déjà ce que signifiait la solitude que je recherchais pour m'approcher de cet homme pour émettre délibérément quelques petites ondes prises dans mes réserves…cela, d'ailleurs, je ne l'ai pas fait depuis déjà un très grand nombre de secondes, ne répondant volontairement qu'aux périodes de «pompage» décidées par l'homme voyageur, faiseur d'images…

Il le fait de temps en temps…Mais au risque de décevoir ma chère V., il y a des moments où je me demande ce que je fais dans cette galère !!!

J'aimerais m'aérer un peu, sortir, quitte à distribuer mes ondes à d'autres humains…parce que le surcroît d'énergie qui ne peut pas être partagée, c'est parfois dangereux, étouffant.

Heureusement que ma source se rend compte de la situation et a considérablement ralenti les envois… je crois que nous nous sommes bien compris.

Si je dois continuer ce voyage, (autrement dit si je ne «pète pas les plombs», décidant tout à coup de déserter, en abandonnant mes deux complices à leur sort d'humains qui n'ont pas de téléphone, pas de PC portables, ou qui ne s'en servent pas, et qui devront reprendre plus tard ou jamais leur étrange condeversation*), et que ses conditions me deviennent trop pénibles à supporter, je demanderai à V. de régler mes fréquences de sorte que je puisse émettre ailleurs que dans le champ rapproché. Ailleurs, soit dans l'environnement extérieur, loin de la valise, tout en poursuivant ma mission, soit en m'envolant sur d'autres réseaux.

Vais-je pour la première fois être un bisou déserteur ?

Je perçois V. souriant dans son coin, je la sens qui se fiche de moi…évidemment, pour elle c'est comme pour lui, l'homme, ils ont des tas de choses à faire chaque jour, et même si parfois ils préféreraient se concentrer sur MOI, ils continuent leur vie en faisant preuve de PATIENCE, c'est ce que les messages de V. comportent comme première instruction : PATIENCE.

Mais moi, je suis un bisou, je n'ai pas non plus dans mes propriétés d'être forcément patient et d'être capable d'attendre mon tour, comme ça !!!

P., très cher P., je ne sais pas si je ne vais pas finir par me planquer un de ces jours, (me mettre en planque, c'est bien martial ça), à ton insu, dans un pli d'un de tes vêtements, histoire de t'accompagner au dehors toute une journée, histoire aussi de mener une petite opération de reconnaissance des lieux, histoire enfin de faire monter un peu la pression en Bretagne : ça ronronne tout ça, les p'tits gârs, ça ronronne !! Un vieux briscard comme moi ne va pas déserter sans avoir tenté une sortie, une offensive! non !!

V., je crois que je deviens un bisou guerrier, au front, en première ligne, et qui veut partir à l'assaut de terres encore vierges…et qui trépigne…calme moi ! combien de jours encore ????????

Posté par vivianev à 10:54 - nouvelles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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