vous pourrez retrouver le début de ce long récit sur le message posté le 29/05/2005  : "écrire pour témoigner"

2000

J’ai donc repris ma plume, mes carnets, mes notes, et il me faut trancrire en mots cet Amour-là, et  parler de cette quête de lumière.
Elle éclaire, elle éclairera éternellement les êtres comme nous. Je décide d'écrire pour tous ceux qui, comme Nad et moi avons douté, ont cherché ou cherchent encore la voie d’un autre monde, loin des mystifications qui règlementent aujourd’hui la planète.

Notre salut, à nous les chercheurs d’étoiles, ne se trouve pas dans le palpable,  la possession de biens d'aucune sorte, de pouvoirs quels qu'ils soient, mais pas , non plus, dans des renoncements dictés, par des dogmes imposés et cruels, cela ne fait plus aucun doute pour moi. Ce  ne sont que sources de peines, de douleurs supplémentaires .

Ma plus belle revanche, c'est aujourd'hui que je la prends, revanche sur moi-même qui me détruisais un peu plus chaque jour.
Revanche sur un monde d'incompréhension et de faux jugements.
Revanche sur un univers de misère intérieure, dans lequel j'avais mis mes pas dès l'enfance, et dont je ne pouvais plus sortir, comme si je ne m'étais autorisé qu'à cela : l’échec, l’abandon, le sombre parcours. Un monde obscur qui me happait et m'étouffait, dès que le doute s'emparait de moi parce que je croyais n’être pas né du bon côté de la rive, du côté des gens bien !
Revanche sur une prison volontaire, un piège entretenu par mon manque de confiance,  manque de volonté d’assumer MON histoire, d’accepter MON parcours, et par le rôle que je m’ imposais de jouer dans la vaste comédie, pour donner le change, dissimulant les armes que j'avais choisies pour faire illusion. Valeureuse était, le pensais-je,  ma secrète bataille, mais mauvaises étaient les armes ; je respire à nouveau.

L'argent, le luxe, la bringue, les drogues ne pouvaient pas m'aider, tout cela n'était qu'un masque posé sur le visage d’acteur qui n'osait plus, progressivement, se regarder dans un  miroir... parce qu’il savait bien qu’il trahissait le vrai personnage.

Au bord du gouffre, face à moi, un petit carnet dans les mains, un soir j’ai décidé d’arrêter de mentir, de  tricher. J'ai sombré alors, certes, mais pour refaire surface, libéré du mensonge que je cultivais dans cette guerre constante contre moi-même, jusqu'au délire et l'insupportable ! Ce n'était pas nécessairement ce que j'attendais d'ailleurs...quand on saute dans le vide, on ne décide plus !

Le salut est ailleurs…
Une flamme intérieure est en nous, qui nous réchauffe et nous rassure, qu'il faut aller chercher, à laquelle il faut laisser le soin de  nous éclairer, nous guider, sans l'étouffer.
Un feu qu'il faut aller ranimer dans le tréfonds de l'âme , au prix d'un effort terrible quelquefois, vraiment ! On l'avait perdu de vue depuis trop longtemps .
Le salut n'est donc pas matériel. Il relève de l'esprit et d'une force invisible, celle qui fait qu’en un instant tout bascule …
Chacun  traduira comme il le voudra ce que je viens de dire là. Je ne saurais mettre des mots sur l'invisible.

L'Amour, la flamme, le feu dont je veux parler se trouve au fond de chaque être, c'est certain. L’étincelle jaillit à la naissance et ne nous quitte plus. Il nous suffit de garder notre âme d’enfant, et ne pas nous laisser embarquer sur des vaisseaux qui nous éloignent de notre propre route.Cette lumière, alors, est une révélation qui nous indique où se trouve la voie de  notre impossible rêve, celui qui porte nos pas.
C'est une force incomparable et inexplicable, un morceau d'étoile, c'est le souffle de vie.
Cet Amour là est plus fort que tout, il est le guide, il est énorme et dépasse la frontière de nos images physiques et mentales.
Il vivait avant moi, et il me survivra. Je ne peux pas décrire ce qui me dépasse, je ne peux que m'y fondre dans le silence .
Cet Amour là enseigne l'émerveillement et la compassion, il est une richesse inestimable qui ne se vend ni ne s’achète, il se mérite.
Cet Amour-là nous libère des contingences, et nous instruit, nous fait concevoir notre condition humaine dans sa fragilité comme dans sa possible puissance, quand nous ne combattons plus des chimères.
Il est la réconciliation entre notre propre histoire et l'histoire de toute l'humanité. Il donne toutes les audaces, parce qu'il porte en lui la réponse à toutes les questions, à tous les problèmes ; il nourrit de la vraie nourriture. Il nous fait vivre heureux ici et  maintenant, et confiant pour demain. Il nous fait vivre l'instant présent comme un cadeau, toujours. Cet Amour là est si loin de ce que j'avais dû apprendre par intoxications successives, et admettre sans me défendre…Cet Amour-là n’a pas de catéchisme, il est en nous.
Il me fait vibrer, moi, désormais, à l’unisson du monde qui m'entoure ;  je le reconnais dans les couleurs du ciel, dans la courbure des collines,  dans le chant de l'oiseau, dans un sourire, dans une rencontre, un frôlement de branche, une caresse, une main serrée, un échange de regard, une parole affable, une larme qui coule, une rose qui s'ouvre…

Je ne vis plus dans l'univers où je vivais hier, mais bien des semblables s'y trouvent toujours, s'y débattant, les uns fragiles malgré leur feinte assurance, et d'autres démunis devant l'adversité.

Aujourd’hui, je les regarde avec des yeux nouveaux.

Quelques-uns, je les rencontre, sont fiers de leur toute puissance et se disent inébranlables. Ils ont trouvé des palliatifs miracle à leurs craintes, à leurs doutes, à leurs tourments. Grand bien leur fasse de penser de la sorte et se croire invincibles. Combien d'êtres rehaussent d'artifices leurs existences, jusqu'au jour du grand compte : on ne peut pas faire l'impasse sur ce rendez-vous, sur la vraie énigme qu'est est notre réelle identité, avant de disparaître. Que laisserons-nous de nous? Quel mystère emporterons-nous ?

Je croise aussi ceux qui pleurent de ne rien posséder, et ceux qui se désolent d'avoir tout perdu.
Je comprends leur peine, et je ne les blame pas de sourire de mes paroles quand je leur dis que, pourtant, c'est en eux qu'ils ont la plus belle richesse .
Ils prétendent, pour se rassurer, ou pour s'excuser de leur désarroi, que j'ai perdu tout sens de la dure réalité de la vie ; que ma vision du monde est belle par sa touchante candeur, mais que je vis aujourd’hui dans un monde parallèle, moi !

Le petit brin d'ironie qui accompagne leur sourire ne me dérange pas, je sais que ce qui nous sépare, ce n'est que du temps, il m’en a fallu à moi aussi…
Je ne peux malheureusement pas les convaincre que je suis, désormais, libéré de leurs souffrances.
Je ne suis plus attaché aux mêmes biens qu'eux, je suis attaché au vent qui me porte, et à l'esprit qui m'anime, je suis décidé à changer de vie, à changer la vie…

C'est aujourd'hui le seul problème que je doive affronter, d'ailleurs. J'ai changé, mais ceux qui m'entourent, eux, n'ont pas nécessairement avancé avec moi, n'ont pas modifié leur regard, ni sur moi, ni sur eux. La distance qui nous sépare devient alors, parfois, un vrai handicap pour eux, mais pas pour moi ! Ils ne me reconnaissent plus, quand moi je ne les connais que mieux.
Fasse le ciel qu'ils viennent m'y rejoindre, dans ce monde nouveau ; tout y est plus facile, plus paisible.
Je n'y possède rien et tout m'appartient, parce que tout est en moi. Je vis l'instant présent dans sa plénitude, sachant que chaque instant est pour moi une occasion d'apprendre des autres et du monde qui m'entoure, chaque instant me permet d'agir, de bouger, d'écouter, d'attendre, de patienter et de grandir… chaque instant me permet de donner aussi, si je le peux, c'est ainsi.
Qu'ils se rassurent pourtant, les sceptiques !
Je continue de goûter les bienfaits de la terre, avec plus de délice encore. Mais je ne crains plus la vie, pas plus que la mort : elle, je sais déjà ce que je dois penser de sa toute-puissance, tout comme de son prochain rendez-vous, j'ai commencé les comptes.
Ne courant plus après les plaisirs que je voulais prendre par revanche, je connais le plaisir.
Mon corps est apaisé, mon cœur est grand ouvert.

Demain est un autre jour, qui ne me fait plus peur.
En moi est la source du savoir. Il me sufffit d'aimer la vie, d'aimer ma vie, il me suffit d'aimer. Voilà un mot savant, AIMER !!!!

Je n'ai pas à taire ce bonheur là. Je dois le partager.